Résumé de la conférence : « Site internet les tendances pour 2014 »

3 Fév

Conférence animée par Vincent Pereira (Société Innativ) à la CCI de Bordeaux, le 30/01/14

Une tendance nait d’un constat, d’une observation, d’un besoin…Les tendances de 2014 tiennent compte du comportement changeant des internautes qui possèdent désormais plusieurs modes de consultation et d’utilisation dû à la multiplication des écrans (télévision, ordinateur, smartphone, tablette).

Le responsive design (pour s’adapter à tous les supports)

Il va permettre d’adapter le contenu d’un site selon le support et donc selon différents formats d’écran (ordinateur, smartphone ou tablette).  Il propose également une expérience utilisateur prenant en compte les forces de chaque support.

Exemple d’un site responsive : http://peaceandwool.com/

Testez ce site sur différents supports et vous verrez que l’affichage du contenu ne sera pas le même d’un support à un autre.

==> Cette technique demande un gros travail de conception et de maquettage.

Le flat design (pour une navigation fluide et efficace)

Cette approche encourage la simplicité, la clarté et l’utilisabilité. Le design du site sera donc épuré et minimaliste afin de se concentrer sur l’essentiel et l’utilisateur. L’utilisation du pictogramme va permettre de faciliter la navigation sur tout le site.

Exemple de site : http://www.fitbit.com/fr

==> Au risque de devenir trop simpliste voir fade, cette technique demande un travail important avec les couleurs.

Le grid (pour une organisation claire du contenu)

Ce type de présentation a été initié par Pinterest en 2012. Le contenu du site est présenté sous forme de grille permettant une lecture claire et structurée.

Exemple de site : http://lesmenuires.com/

==> Ce type de présentation n’est pas pertinent pour tous types de projet.

Le parallax (pour raconter une histoire)

Généralement présenté en one page et plein écran, ce type de présentation enrichie par de l’image, de la vidéo et de l’animation incite au scrolling. Cette toute nouvelle manière de présenter les contenus permet, grâce à son effet de profondeur, l’immersion de l’internaute au cœur du produit, de la marque, de l’entreprise…

Exemple de site : http://www.savoie-mont-blanc.com/

==> Ce type de présentation doit être réalisé uniquement avec des photos, des images ou des vidéos de qualité.

Le one page (pour une navigation originale)

Un site en one page design est un site construit en une seule page web. A aucun moment le site ne se recharge pour afficher un contenu différent. Tous les contenus sont disponibles soit en scrollant verticalement ou horizontalement, ou soit en combinant les 2 dimensions.

Exemple de site : http://www.stmichel.fr/#/actualite/le-local-du-bon

==> En utilisant ce design il est impératif de guider l’utilisateur par le biais d’indicateur (pop-up, flèches…) sans quoi il sera perdu.

Les animations (pour l’effet wouahou)

Grâce à l’html5 et le css3, il est désormais possible d’apporter un peu d’interactivité à n’importe quel site.

Exemple de site : http://www.savoura.com/fr#recettes

==> Les animations ont la capacité de rendre unique un site mais en abuser le rendrait uniquement moche et illisible, alors attention de ne pas en exagérer.

Maintenant que vous connaissez les tendances 2014 des sites internet il doit vous tardez d’aller tester et d’appliquer toutes ces nouvelles techniques alors juste un conseil : ne soyez pas trop gourmand ! Évitez de combiner toutes ces techniques en un seul site ! Chaque projet est différent avec des objectifs d’image, de visibilité et de comportement différents, à vous de bien réfléchir antérieurement à la garantie qualité de votre projet.

De l’agriculture à la geek culture

21 Jan

La révolution numérique et les nouvelles technologies qui y sont liées ont bouleversé et transformé de nombreux corps de métiers tels que la médecine, l’éducation, la politique et j’en passe… Cependant il y en a un que l’on oublie souvent, venant se positionner tout en bas de la liste…l’agriculture! L’agriculture et le numérique voilà deux domaines que tout oppose, l’un fait de terre et l’autre de fils et pourtant aujourd’hui l’un ne peut plus se passer de l’autre. Le métier d’agriculteur est un métier difficile avec des contraintes quotidiennes pesantes que le numérique a réussi à apaiser.

En vue de leur activité nomade dans la nature, les agriculteurs possèdent désormais des smartphones équipés de réseaux 3G ou 4G afin d’accéder de manière quasiment instantanée aux informations concernant la météo, qui est très importante dans leur métier. Selon l’Insee, 80 % des agriculteurs possèdent un ordinateur et 70 % utiliseraient Internet. Il y a également toute une série de règles et de normes à respecter dans ce métier, impliquant une masse de relevés et d’enregistrements. Ceux-ci peuvent être faits désormais automatiquement grâce aux appareils électroniques sophistiqués, permettant ainsi aux agriculteurs de gagner un gain de temps important. Également le web apporte une dimension conseil et sert de centre de ressources pour établir un diagnostic sur la maladie d’une plante ou d’une bête par exemple. Ces nouvelles technologies ont permis de rompre l’isolement lié au métier, rendant même parfois accros voir geek certains agriculteurs qui ne peuvent plus se passer du derniers joujou du moment. Le salon de l’agriculture de cette année (du 22 février au 2 mars) en est l’exemple puisqu’il sera envahi de gadgets Hight Tech spécialisés pour l’agriculture : informatique embarquée, guidage par GPS, drones, tracteurs qui se muent en robots, machines à traire qui s’occupent toutes seules des vaches. Un autre exemple qui prouve le passage de l’agriculture à la geek culture est la démarche un peu folle mais bien pensé d’un agriculteur morbihannais qui a tagué des QRcodes sur ses vaches permettant de faire gagner des produits laitiers issus de sa ferme.

Cette évolution folle de la geek culture au sein de l’agriculture n’a pas fini de nous surprendre, promettant peut être prochainement de réconcilier rentabilité et protection de l’environnement qui est le problème N°1 des agriculteurs.

Les trois grandes mutations de l’homme provoquées par la révolution numérique

23 Déc

Mutations physiques

L’homme a la capacité de se développer physiquement par rapport à l’univers qui l’entoure. Une découverte déjà détectée et observée depuis l’existence des hommes préhistoriques. A l’époque, un instinct de survie les poussait à se surpasser et à se développer corporellement afin de mieux pratiquer la chasse et ainsi mieux se nourrir. Par la maîtrise de techniques de fabrication d’outils de chasse, ils ont changé physiquement afin de manier à la perfection leurs outils de travail. Ces marqueurs du progrès des sociétés préhistoriques prouvent que le corps de l’homme s’adapte selon l’univers dans lequel il évolue. Avec l’émergence du numérique et donc des outils qui y sont liés, la première mutation observée chez l’homme et celle de sa perception, de sa vision du monde qui l’entoure, c’est ce qu’on appelle le phénomène de phénoménologie. C’est l’affectation de notre culture perceptive à se représenter le monde. Notre perception a été affectée par les innovations techniques qui nous entourent forçant les perceptions nouvelles.

La deuxième mutation passe par le changement de posture de l’homme qui a dû s’adapter par rapport aux outils qu’il manipule au quotidien. Des postures non naturelles, que l’on a dû apprendre afin de tenir correctement un téléphone, une tablette, un ordinateur portable. Le numérique a aussi provoqué des mutations néfastes sur l’homme. En effet, selon l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques), les français passent 2 h 30 par jour devant leurs écrans en dehors de leur travail, ce qui a pour effet d’abimer et de fatiguer les yeux. On constate alors une hausse de 30 à 40% de pathologies oculaires depuis ces dernières années. De plus, le « tout accessible », sur internet a provoqué une hausse de 30% de l’obésité chez les enfants en France, puisqu’ils se dépensent moins physiquement. Désormais, la médecine conseille de marcher au moins une demi-heure par jour, le vélo et la marche sont devenus des prescriptions médicales. Selon une étude menée par des chercheurs américains de l’université Harvard, « l’utilisation d’une tablette tactile, quelle que soit la configuration et même avec un support, induit une posture moins naturelle que celle d’un ordinateur portable ou de bureau ». Une utilisation prolongée peut induire des douleurs cervicales et avoir des effets sur les bras et les poignets. Posée sur les genoux, une tablette favorise le torticolis.

Notre corps évolue donc suivant l’environnement qui nous entoure, s’expliquant, comme à la préhistoire, par un instinct de survie nous obligeant à évoluer corporellement avec notre nouveau monde. Un environnement qui ne cesse d’évoluer avec des innovations toujours plus grandes provoquant ainsi une mutation corporelle quasi perpétuelle.

Mutations cognitives

L’ère du numérique est à l’origine d’une nouvelle étape dans l’évolution cognitive de l’homme. Notre activité cognitive permet d’attribuer du sens à notre environnement. Le cerveau possède la capacité de remodeler ses neurones en fonction de l’environnement et des expériences vécues par l’organisme. De nombreuses études ont été menées sur le cerveau humain afin de démontrer qu’il évolue selon son environnement. Une étude londonienne a été effectuée sur les chauffeurs de taxi et leur environnement de travail. Il en ressort que leur aire cérébrale, associée à la représentation spatiale de l’environnement et à sa mémorisation, est de taille supérieure à celui des autres personnes. Cet accroissement est en rapport avec la durée de l’exercice du métier. Tout ce qui nous semble être des « automatismes numériques » aujourd’hui, a pourtant été précédé d’une phase d’apprentissage. Le numérique en entrant dans nos vies nous a imposé ses machines, ses signes et son langage et nous avons dû réapprendre à notre système perceptif les nouveautés de notre monde actuel. En 2007, une expérience a été menée au sein de trois habitués à l’Internet et de trois novices. En comparant leurs activités cérébrales, lors d’une recherche sur Internet, il en ressort qu’elles apparaîssent plus étendue chez les habitués du net qui sollicitent davantage les régions du cortex préfontal impliquées dans la résolution de problèmes et la prise de décisions. Après avoir fait naviguer 1 heure par jour les néophytes, les chercheurs ont constaté que leurs activités cérébrales se sont modifiées pour ressembler à celles des habitués. Nous vivons dans un monde d’autodidacte où quasiment tout le monde apprend par lui-même à se servir de ses outils numériques, comme pour apprendre à marcher ou à faire du vélo quand nous étions petits « c’est en pratiquant que l’on apprend ». Ce principe est devenu indispensable dans notre vie, car nous n’avons pas d’autre choix que d’apprendre vite si nous voulons avancer au même rythme que l’évolution de la société numérique. Nous sommes à l’heure actuelle toujours dans une phase d’apprentissage, puisque l’on prend connaissance de nouveautés techniques quasi quotidiennement. La plupart du temps ce que nous apprenons doit aussi être revu, puisque nous vivons dans un monde d’actualisation, de mise à jour où il faut tout le temps se réadapter à la nouveauté et non à l’ancienneté. Il y a quand même une prise de conscience de ce travail de réapprentissage constant de l’homme, qui se retrouve parfois dans un tourbillon incessant, puisqu’il existe sur Internet une multitude de tutoriels qui visent à apprendre en quelques minutes l’utilisation d’un logiciel, d’un outil en ligne, etc. Ce genre de services sont souvent des digital natives, des habitués conscients que d’autres peuvent être perdus, qui réalisent et mettent en ligne gratuitement leur savoir pour en faire bénéficier au plus grand nombre.

Mutations spatiaux-temporelles

Comme le souligne Yann Leroux, « Internet impose de réfléchir sur ce que nous appelions jusque-là sans trop y penser : la réalité ». Grâce à notre système cognitif et de perception, nous sommes en mesure de distinguer ce qui relève de la réalité ou de l’irréel. Cependant, la révolution numérique et les nouvelles technologies qui y sont liées, ont donné naissance aux interfaces graphiques qui construisent un environnement visuellement imagé, bouleversant ainsi cette capacité. En effet, il est aujourd’hui possible d’accéder à ce que l’on appelle des mondes virtuels et de simulations qui perturbent nos repères spatiaux temporels. Dans ces nouvelles technologies, il est question de l’image de synthèse et l’image 3D, qui par leurs avancées techniques nous plongent dans un univers complètement immersif, venant perturber nos repères de la réalité. Il y a aussi la géolocalisation qui permet de traiter une demande dans un temps quasi immédiat, provoquant un effet d’instantanéité.  Nos représentations et perceptions de l’espace et du temps sont bouleversées par l’usage de ces équipements technologiques. Le virtuel brouille nos frontières et nos délimitations strictes du réel. L’instantanéité nous fait perdre le sens du temps, « le passé et le futur s’effacent au profit du seul présent ».

Certain corps de métier ont su tirer profit de ces environnements immersifs. Par exemple, le secteur médical utilise des exercices de simulation pour apprendre différentes interventions médicales aux étudiants. Ce sont généralement des robots, que l’on appelle « robots cobayes », qui sont en fait des simulateurs patients qui permettent de retracer l’ensemble des actions à réaliser lorsqu’un patient est admis en situation critique. Des réalités virtuelles qui ont fini par devenir des banalités à nos yeux aujourd’hui, pourtant nous avons dû prendre de nouveaux repères spatiaux temporels afin de ne pas s’y perdre. Comme pour les premières machines de la révolution industrielle que nous avons dû apprivoiser pour qu’elles fassent partie de notre quotidien, ces innovations technologiques qui viennent perturber nos repères spatiaux temporelles en nous plongeant dans des univers immersifs, constituent notre nouvelle matrice qui construit notre monde. Mais il faut tout de même prendre garde à ne pas se laisser dépasser par ces mondes virtuels qui pourraient nous empêcher de faire la distinction avec le monde réel, si nous nous habituons à trop les manipuler.

Par ces mutations physiques, cognitives et spatiaux temporelles on s’aperçoit que les hommes s’adaptent suivant l’environnement qui les entoure, une réaction qui s’explique par l’instinct de survie que chaque homme porte en lui. On parle de l’ère de « l’homo numericus » qui représente une étape du développement de l’humanité où l’activité humaine s’organise autour des technologies et des outils numériques.

Transmédia et série TV : les fans disent oui !

12 Nov

Le transmédia c’est quoi ?

A la différence du crossmédia qui est une déclinaison d’un contenu identique ou quasi sur différents supports, le transmédia est un déploiement de différents contenus d’un même univers narratif sur différents médias complémentaires (télévision, internet, radio, édition). Un concept qui séduit de plus en plus les séries télé, au grand bonheur des fans qui peuvent s’affranchir de leur télévision pour obtenir des informations exclusives sur leurs séries préférées.

Il ne faut pas croire que le transmédia est un phénomène nouveau né de la révolution numérique. En effet, une campagne transmédia n’est pas forcément à lier avec les nouvelles technologies, elle peut être réalisée uniquement sur papier. Le père fondateur du transmédia, Henry Jenkins, en proposait déjà en 2002 la définition suivante : « Un processus par lequel les éléments d’une fiction sont dispersés sur diverses plateformes médiatiques dans le but de créer une expérience de divertissement coordonnée et unifiée. »

L’ascension fulgurante du transmédia ces dernières années s’explique par le phénomène d’instantanéité que permettent les nouveaux médias d’aujourd’hui (tweet, géolocalisation…).

Le plus important à cultiver pendant une campagne transmédiatique est la notion d’engagement, mettre en place des mécanismes participatifs qui garantiront la réussite de la campagne. Afin de toucher un plus large public, il faut penser accessibilité et éviter les obligations de type : obtenir un ou des comptes sur les réseaux sociaux ou encore posséder une application particulière sur son smartphone.

Déjà adopté par les séries américaines

Les producteurs de séries télé ont compris les nouveaux usages des consommateurs et captent leur attention en adoptant une stratégie transmédiatique. Une communication basée sur le multi screen et le multi scénarii afin de promouvoir un seul et même produit.

Il y a un petit moment que les séries américaines ont expérimenté le phénomène transmédia. Par exemple, le personnage fort de la série How I Meet Your Mother, Barney Stinson compte 589915 followers sur son Twitter et le personnage Sheldon Cooper de la série Big Bang Theory en possède 348330. Également un ARG (Alternate Reality Game) a été construit autour de la série Lost, « The Lost Experience » où les fans étaient impliqués et actifs dans l’univers de la série.

Les fans adhèrent complètement à ce genre de pratique de plus en plus interactives et immersives les rendant plus accros que jamais.

Les séries françaises signent aussi

Depuis peu, on observe une ascension de pratiques transmédiatiques au sein de nos séries françaises. La série Héro Corp, de Simon Astier, s’est démarquée récemment par sa stratégie transmédiatique. Par le biais d’une application téléchargée sur son smartphone, l’utilisateur doit récupérer des codes donnant accès à des messages vidéo, ou encore des coordonnées permettant de retrouver les survivants. Une autre série française « Cut », de France Ô, propose de suivre l’intimité de la vie du personnage Jules par le biais de son Twitter : @Jules974.

La dernière série en date qui a beaucoup fait parler d’elle, est l’hilarante série de France 2« Fait pas ci fait pas ça » qui propose de faire vivre ses personnages au-delà de la diffusion des épisodes télé. La série avait déjà innové pendant la quatrième saison en proposant aux fans de la série d’être coachés par un des personnages phare de la série, Denis Bouley, par le biais de son site web. France télévision frappe fort en créant par la suite le compte Facebook et Twitter à de deux ses personnages : Fabienne Lepic, mère de famille et élue à Sèvres, et Tiphaine, aînée de la famille Bouley (voisins des premiers), future mariée et maman.

Les publications des personnages sur leurs réseaux sociaux correspondent aux épisodes du jour, jouant ainsi le jeu de l’instantanéité du ressentis des personnages. Elles entretiennent un lien fort avec leurs fans en les immergeant dans leurs vies privées et en répondant directement à leurs commentaires. La communauté de fan de la série « Fait pas çi fait pas ça » n’a jamais été aussi forte démontrant ainsi la réussite de l’approche transmédiatique de la série.

Le transmédia continue de faire vivre les personnages de séries hors des murs de la diffusion des épisodes télévisées. Les fans de séries peuvent ainsi prolonger l’expérience au-delà de leur poste télé en ayant accès à des vidéos exclusives sur leurs personnages favoris ou en interagissant avec eux. Le transmédia permet aujourd’hui de transformer le spectateur passif en acteur de sa série préférée, une révolution pour les fans de séries qui ont toujours rêver de partager le quotidien de leurs personnages de prédilection.